HAUT

État des résistances dans le Sud : Amérique latine

État des résistances dans le Sud : Amérique latine

Continent de forte croissance économique, de démocraties fragiles et d’inégalités extrêmes, l’Amérique latine est aussi traversée d’une dynamique soutenue de rébellions et de contestations sociales, aux formes, aux identités et aux revendications renouvelées. Et pourtant, les mouvements sociaux de la région ont fort à faire aujourd’hui pour continuer à exister, à peser sur le politique. Menacée de dilution, de fragmentation ou de répression dans les pays où les gouvernements sont restés ou revenus dans les courants dominants du néolibéralisme et du « consensus de Washington » ; menacée d’instrumentalisation, de cooptation ou d’institutionnalisation dans ceux où les pouvoirs se sont attelés, peu ou prou, à récupérer en souveraineté et à redistribuer les dividendes des richesses exportées, la protestation émancipatrice offre un visage pluriel. Un double clivage prévaut d’ailleurs au sein de la « gauche sociale » latino-américaine…

Lire la suite
HAUT

L’Inde:une modernité controversée

L’Inde : une modernité controversée

En ce début de 21e siècle, le statut de « puissance émergente » de l’Inde fait consensus. Sa relative modernité politique – élections libres, alternances et contre-pouvoirs autonomes – dans un pays fort d’1,2 milliard de citoyens, tend à valider sa prétention à incarner « la plus grande démocratie du monde ». La voie économique que le pays a empruntée depuis le début des années 1990, sans pour autant faire table rase du passé, revêt des accents néolibéraux clairement affirmés. Ce mouvement de réformes, qui s’est aussi traduit par une forte accélération de la croissance, répond du même coup à l’ambition de la nation de « retrouver son rang ». En quête d’un ordre multipolaire ajusté et d’une reconnaissance internationale (en particulier de la part des Etats-Unis), l’Inde oscille entre affirmation nationale et pragmatisme diplomatique, indépendance d’action et efforts d’intégration. L’« Inde qui brille » a toutefois ses revers. Les…

Lire la suite
HAUT

La Chine en Afrique. Menace ou opportunité pour le développement?

La Chine a repris pied en Afrique. Bousculant l’agenda du développement et redéfinissant les équilibres géostratégiques, elle s’impose comme l’un des principaux partenaires commerciaux, fournisseurs d’aide et investisseurs du continent. Menace ou opportunité, cette présence croissante et multiforme suscite la polémique. La Chine sape-t-elle les efforts de la « communauté internationale » en faveur de la « bonne gouvernance », des « droits de l’homme » et de la « démocratie » ? N’oeuvre-t-elle pas, derrière un discours de solidarité Sud-Sud, à la seule poursuite de ses intérêts : accaparement des ressources, conquête de nouveaux marchés, élargissement de ses appuis diplomatiques ? La Chine ne reproduit-elle pas en Afrique les formes de dépendance et de division internationale du travail héritées de la période coloniale ? A l’inverse, n’offre-t-elle pas plutôt une alternative salutaire au modèle de développement occidental et à la « tyrannie de la dette et des conditionnalités », après trois décennies d’ajustements structurels désastreux sur le plan économique et social ? Quels sont les véritables enjeux et les implications de l’engagement chinois en Afrique ? Au-delà de la diabolisation a priori ou de l’acceptation béate, quel est le regard porté par les premiers concernés, sur la nature de ce nouveau rapprochement sino-africain, sur ses effets et sur les défis qu’il pose aux populations locales ?

Lire la suite
HAUT

Agrocarburants : impacts au Sud ?

Agrocarburants : impacts au Sud ?

Longtemps considérée comme une panacée face aux changements climatiques, la production d’agrocarburants pose problème. En particulier en Asie, en Amérique latine et en Afrique, où elle prend le plus souvent la forme de vastes monocultures – de canne, de palme, de soja… – aux mains de l’agro-industrie. Destination en hausse : les pays riches soucieux de diversifier et de « verdir » leur approvisionnement énergétique. Les impacts fonciers, sociaux et environnementaux observés au Sud tendent à aggraver les déséquilibres, quand ils ne mettent pas en péril l’alimentation même des populations locales, par le changement d’affectation des terres. Déforestation, appropriation privative des ressources, accaparement des propriétés agraires, concentration des bénéfices, pollution des sols et de l’eau, appauvrissement de la biodiversité, exploitation de mains-d’œuvre vulnérables, déplacement de populations, violation de droits humains…

Lire la suite
HAUT

Etat des résistances dans le Sud, Afrique

Les organisations de la « société civile » se comptent aujourd’hui par centaines dans la plupart des pays africains. Cette prolifération s’est-elle traduite par l’émergence de contre-pouvoirs dignes de ce nom ? En la matière, quantité ne rime pas nécessairement avec qualité. La majorité de ces organisations servent d’abord à capter des financements dans un contexte de dégraissage des appareils administratifs et de déplacement des flux de ressources extérieures vers les acteurs « non étatiques ». Or face aux bailleurs de fonds, la manifestation d’une expertise technique « axée sur les résultats » est devenue un atout plus utile qu’une quelconque représentativité sociale. Quant aux associations qui descendent dans la rue, beaucoup servent surtout de caisse de résonance aux partis en lice, qui les mobilisent au gré de leur stratégie électorale.

Et pourtant… une minorité d’organisations – paysannes, syndicales, des droits de l’homme – ne subordonnent pas la poursuite de leur mission à l’indispensable recherche de financements extérieurs. La pertinence et la constance de leurs prises de position leur confèrent une indéniable légitimité au sein de la population, proportionnelle au discrédit qui frappe les classes politiques. Dans plusieurs pays, ces organisations ont permis de canaliser le mécontentement social et d’installer un rapport de force avec les gouvernants. L’efficacité des méthodes clientélistes et des mécanismes de cooptation rend cependant leurs conquêtes fragiles une fois la mobilisation retombée…

Lire la suite
HAUT

Pressions sur les terres, Devenir des agricultures paysannes

La crise alimentaire a jeté une lumière crue sur les aberrations du modèle de développement agricole promu dans le Sud. Bien que des récoltes record y soient enregistrées, la faim progresse. Paradoxe tout aussi flagrant, les trois quarts des sous-alimentés sont des ruraux, producteurs eux-mêmes de denrées alimentaires.

Imposés dans des conditions d’inégalités extrêmes – foncières, techniques…-, la libéralisation des marchés agricoles et le retrait concomitant des soutiens publics ont conduit à la marginalisation des petites paysanneries du Sud, dans l’incapacité de faire face à la concurrence mondiale. (Lire la suite…)

Lire la suite
HAUT

« Racisme : entre exclusion sociale et peur identitaire »

une nouvelle parution de la revue « Alternatives Sud » du Centre Tricontinental

Le racisme a la peau dure mais il sait se faire élastique. Il résiste à sa condamnation en sacralisant le clivage entre « eux » et « nous » sur base d’attributs non plus uniquement physiques, mais culturels. La mondialisation, tout en diluant les particularismes dans le moule de la modernité, alimente les résurgences identitaires et renforce l’hétérogénéité culturelle des groupes sociaux sur fond de flux migratoires et d’accroissement de la mobilité. (Lire la suite…)

Lire la suite